Le maire prend un arrêté d’interdiction de coupures d’énergie à Bègles

Dans un contexte de crise énergétique qui fragilise de nombreux Béglais, le maire de Bègles a pris, le 8 novembre, un arrêté interdisant les coupures d’électricité et de gaz sur la commune pour les foyers confrontés à des impayés.

Dénonçant l’insuffisance du « bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie » de l’Etat, le maire de Bègles, Clément Rossignol Puech, demande l’interdiction des coupures de gaz et d’électricité pour les foyers béglais confrontés à des difficultés pour payer leurs factures à l’issue de la trêve hivernale et jusqu’au rétablissement du tarif réglementé pour tous, ou la mise en place d’un bouclier tarifaire solidaire.

Crédit © François Blazquez

Face à l’explosion du nombre de familles en situation de précarité énergétique en France, à la prévision d’augmentation du prix de l’électricité et à la suppression de l’ensemble des tarifs réglementés en gaz au 1er juillet 2023, le maire considère qu’il est de sa responsabilité morale d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences sociales et sociétales induites par l’insécurité énergétique de la France. Les familles en difficultés, aux revenus modestes et même médians (qui, à Bègles, est inférieur au niveau national) renoncent à allumer le chauffage ou disposent d’un reste à vivre qui ne leur permet pas de vivre dignement. Cette situation va engendrer de nouveaux risques d’impayés pour les familles ne bénéficiant pas actuellement d’aides sociales. À Bègles, les aides en énergie et au logement ont été augmentées de 40 % entre 2019 et 2022, représentant 12 % du budget de l’aide sociale facultative cette année.

Plafonnant la hausse des prix de l’électricité à 15 % pour tous les usages, y compris les plus déraisonnables pour le climat, le bouclier tarifaire mis en place par l’Etat est considéré par le maire comme injuste socialement et écologiquement. C’est pourquoi il demande que soit instaurée une tarification très inférieure au prix du marché pour les premiers KWh consommés et une tarification non subventionnée pour les dépenses énergétiques dites « superflues » et incompatibles avec les efforts de sobriété demandés aux Français (chauffage piscine privée, climatisation, etc.).

« Il est essentiel de garantir à toutes et tous l’accès à l’énergie pour les besoins de première nécessité par la mise en place d’un bouclier tarifaire alternatif, plus solidaire et écologique en ces temps de crise énergétique et climatique. »

Clément Rossignol Puech, maire de Bègles