Espace Educatif Maternel Jean Zay

Au nom de JEAN ZAY, ardent défenseur de la laïcité

Jean Zay

Ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, il a mis en place la démocratisation de l’éducation, et posé les principes de l’éducation populaire appliquées à l’école moderne. Ardent défenseur de la laïcité, il est mort pour ses valeurs et son engagement. C’est pour toutes ces raisons que la ville a souhaité donner son nom à un établissement de transmission du savoir et de la citoyenneté.
Dans la circulaire du 15 mai 1937, Jean Zay définit l’esprit de ses réformes en tant que ministre de l’Éducation nationale du Front populaire. « La République a besoin d’une école laïque, où des élèves de toute race, de toute religion, de toute origine recevront le même enseignement respectueux de leur personne, et où se bâtira, ainsi, l’avenir d’une nation fraternelle, apte à prendre toute sa place dans une Europe solidaire. »

Un homme debout, 1904 - 1944

Né le 4 août 1904 à Orléans, fils d’un père juif laïc, rédacteur en chef du Progrès du Loiret et d’une mère protestante, institutrice, Jean Zay devient avocat et journaliste. A 21 ans, il s’engage au parti radical. Élu député du Loiret en 1932, il devient ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts du Front populaire à 32 ans. Pendant ses 44 mois au gouvernement du Front populaire, Jean Zay a institué, au titre de l’Éducation nationale, les trois degrés d’enseignement, l’unification des programmes, la prolongation de l’obligation scolaire à 14 ans, les classes d’orientation, les activités dirigées, les enseignements interdisciplinaires, la reconnaissance de l’apprentissage, le sport à l’école, les oeuvres universitaires. Il crée l’ENA, le CNRS, le CROUS et les bibliobus. Et, au titre des Beaux-arts, l’INA, le Musée d’art moderne, le Musée national des arts et traditions populaires, le Musée d’Art moderne, la Réunion des théâtres lyriques nationaux, le Festival de Cannes. En 1939, il rejoint l’armée. En juin 1940, avec plusieurs parlementaires dont Georges Mandel et Pierre Mendès-France, il embarque sur le Massilia direction Casablanca en Afrique du Nord, et poursuit le combat. Il est arrêté à Rabat le 16 août 1940 pour désertion, renvoyé en métropole, jugé et injustement condamné à la déportation à vie et à la dégradation militaire par le gouvernement de Vichy le 4 octobre 1940. Emprisonné à Riom, il commence à écrire ses mémoires. Trois miliciens, se faisant passer pour des résistants, le font évader et l’assassinent le 20 juin 1944 à Cusset dans l’Allier. Il a 40 ans. La cour d’appel de Riom le réhabilite en juillet 1945 à titre posthume. Son corps est retrouvé en septembre 1946 à Cusset dans l’Allier, et son assassin Charles Develle jugé en février 1953, sera condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015

L’école est à nous

Le 5 mars 1937, Jean Zay dépose à la Chambre un projet de loi scolaire. Devant l’augmentation rapide des effectifs du second degré, gratuit depuis 1930, les termes de la problématique changent : il ne suffit pas de garantir l’accès de tous les enfants à l’école, il faut leur donner les moyens de réussir. Le projet Jean Zay est inspiré par quelques grandes idées directrices : la démocratisation, l’orientation, selon les goûts et les aptitudes des élèves, éveillés par une pédagogie novatrice. Ce système éducatif profondément rénové devra s’intégrer dans un ensemble englobant de multiples activités périscolaires.
Plus de 5 000 postes d’instituteurs et 225 postes de professeurs furent créés sous l’autorité du ministre radical-socialiste pour dédoubler des classes dépassant 35 élèves. Les dotations de l’État pour l’équipement scolaire furent multipliées par cinq pendant la même période.
On lui doit des innovations exceptionnelles, inspirées par son idéal démocratique et progressiste :

  • prolongation de la scolarité de 13 à 14 ans en laissant toute liberté d’initiative aux instituteurs pour cette dernière année de scolarité primaire pour laquelle il leur assignait un triple objectif de complément d’instruction, d’initiation à la culture et d’orientation professionnelle ;
  • introduction de 3 heures d’éducation physique à l’école primaire ;
  • introduction, toujours à l’école primaire, des activités dirigées, des classes promenades, de l’étude du milieu par l’observation active ;
  • introduction d’un même programme pour le primaire supérieur et le premier cycle du second degré (à l’époque, les deux ordres étaient vraiment séparés) ;
  • expérimentation d’une 6ème d’orientation commune au collège ;
  • mise en réseau des centres d’orientation professionnelle (prémisses de l’orientation) ;
  • création du comité supérieur des oeuvres en faveur de la jeunesse scolaire et universitaire (ancêtre des Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (CROUS)) ;
  • initiation de la création du CNRS et de l’ENA ;
  • arrêt des procédures qui visaient à supprimer l’école du Pioulier de Célestin Freinet, à Vence
  • coup de pouce à la naissance des centres d’entraînement aux méthodes d’éducation actives (CEMEA) ;
  • encouragement du principe des bibliobus.

 

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