Ma ville sans pesticide, mon cimetière change

Depuis le 1er janvier 2017, les collectivités territoriales, les établissements publics et l’Etat ne peuvent plus utiliser ou faire utiliser des pesticides pour l’entretien des espaces verts, des forêts, des cimetières ou des promenades accessibles ou ouverts au public et relevant de leur domaine public ou privé. Les particuliers aussi sont concernés par cette loi comme la vente en libre-service est également interdite.

Pourquoi un cimetière « Zero Phyto » ?

La toxicité des produits chimiques a un impact fort sur la santé humaine et l’environnement.

Ils sont dangereux :
• pour la santé de l’homme : l’exposition à long terme touche le système immunitaire, neurologique ou reproductif,
• pour la biodiversité : ils suppriment de nombreuses espèces et pas seulement celles ciblées. Transmis par la chaîne alimentaire, ils contaminent la faune,
• pour les milieux : pulvérisés dans l’air, ils s’infiltrent dans le sol et l’eau.

Les risques pour les professionnels :
En manipulant, pulvérisant ou respirant des produits phytosanitaires, les professionnels se retrouvent particulièrement exposés.

Les risques pour les riverains et usagers :
La contamination peut se faire par voie respiratoire car les pesticides sont transportés dans l’air, mais également par le touches des plantes aspergées de produits.

Etre patients… Pour évoluer vers une nouvelle conception de l’éco-cimetière

Pour réduire les besoins en désherbage et la méfiance des usagers, c’est toute l’image du cimetière qui doit se renouveler. La conception traditionnelle du cimetière minéral, où les plantes sont synonymes de défaut d’entretien, doit muter en un espace paysager où la nature à toute sa place et où des plantes libres ne sont plus synonymes de négligence ou d’un manque de respect envers les défunts.

Si aujourd’hui, l’herbe revient dans les allées, ce n’est pas par absence d’entretien, mais au contraire, pour laisser la végétation reprendre ses droits en vue de se transformer progressivement en pelouse. Les jardiniers de Bordeaux Métropole œuvrent en ce sens et veillent au bon état du cimetière.

C’est la marque d’un entretien plus respectueux de l’environnement et de la santé de chacun d’entre nous. Et une attention pour les générations futures. Désormais, on bine, on sarcle, on végétalise et on laisse pousser un peu plus qu’avant, et ces lieux de mémoire redeviennent des lieux de vie pour la nature.

Le cimetière zéro phyto, qu’est-ce qui change…

  • Les allées sont enherbées,
  • Les espaces vides sont progressivement engazonnées,
  • Des espaces inter-tombes sont ensemencés ou plantés, de vivaces couvre-sols,
  • De nouveaux espaces verts sont créés.

L’entretien

L’entretien des espaces verts est assuré par 12 agents du service espaces verts de Bordeaux Métropole (1 à 2 interventions par mois en fonction de la pousse de l’herbe).

La mission de propreté est déléguée à Arcins Environnement Service pour le vidage des corbeilles (3 fois par semaine) et à Arcins Entreprise pour le désherbage des allées principales (4 à 5 fois par an).

Accueil / gardiennage en loge assuré par des agents municipaux : des supports d’information plus détaillés sur cette démarche sont disponibles.

Les phases

Phase n°1 : début de la végétalisation spontanée

Phase n°2 : la période ‘mouton’. L’herbe s’implante et colonise les allées malgré les restes de pesticides utilisés pendant des années. Renforcement par semis de mélanges spécifiques. Enlèvement des graviers, travail léger du sol, semis, ratissage et roulage.

Phase n°3 : Atteinte de l’objectif d’enherbement sous 18 à 24 mois.

Les chiffres clés

  • Pour l’année 2017 : 960 heures d’intervention des services espaces verts de Bordeaux Métropole.
  • Pour le 1er trimestre 2018 : 654 heures d’intervention (48 interventions pour les travaux de tonte, semi de gazon et arrosage soit 408 heures et 36 interventions pour la propreté et le vidage des corbeilles soit 126 heures).
  • 1 intervention de désherbage des allées principales soit 120