Entretien avec Clément Rossignol Puech

Clément Rossignol Puech a été élu maire de Bègles le 29 juin dernier par le Conseil municipal. Il succède à Noël Mamère.

« Nous poursuivrons notre action au cœur de chaque quartier »

Le Conseil municipal de Bègles réuni le 29 juin vous a élu maire. Comment avez-vous vécu ces instants ?

« Avec émotion, gravité et solennité. Être élu après Noël Mamère est une responsabilité très importante mais je suis prêt. Je ne suis pas seul et la confiance que m’accorde l’équipe municipale me touche personnellement. Elle me renforce et je la reçois avec humilité. »

Comment s’est amorcé votre engagement politique ?

« J’ai été militant des droits de l’homme durant de nombreuses années au sein d’Amnesty International avant de rencontrer Noël Mamère et d’adhérer aux Verts en 2002. J’ai ensuite participé à la création du mouvement Europe Écologie, j’ai siégé dans ses instances nationales. Après avoir défendu les libertés individuelles et collectives, la question de l’écologie politique m’a paru évidente car elle touche à des enjeux essentiels dont nul ne peut aujourd’hui contester l’importance : elle lie directement la condition sociale à l’environnement. A cette époque, je m’étais installé à Bègles pour y vivre car je m’y sentais bien. J’y ai fondé ma famille. Je menais une carrière universitaire de chercheur mais j’ai été rattrapé par la passion de l’action publique au service de tous.

Noël Mamère m’a alors proposé une place sur sa liste pour les élections municipales de 2008. Durant ce premier mandat, je me suis investi dans la lutte contre le changement climatique, pour la biodiversité et dans la question des déplacements avec notamment l’extension de la ligne C du tramway à Bègles. Noël Mamère m’a aussi fait confiance pour représenter notre ville et l’intérêt des Béglais au sein de la Communauté urbaine où j’ai été élu vice-président. »

Que vous a apporté cette première expérience d’élu au Conseil métropolitain ?

« Je me suis fortement engagé dans la promotion et le développement des modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle dans l’agglomération de Bordeaux. Par exemple, Je suis fier d’avoir participé au développement d’une offre de vélos en libre-service (les fameux Vcub), à l’amélioration d’un réseau cyclable qui permet aujourd’hui des déplacements domicile/travail, comme de loisir, dans toute la métropole.

Mais surtout, j’y ai acquis une expérience qui m’est fort utile aujourd’hui avec la responsabilité qui m’est confiée : discuter et débattre d’égal à égal avec les 27 autres maires de la métropole pour mener à bien des projets communs, tout en représentant notre territoire communal. »

Quelles seront vos priorités pour Bègles jusqu’en 2020 ?

« La feuille de route est écrite dans le programme qui nous a fait élire en 2014 : éducation, démocratie participative, citoyenneté active, inclusion sociale, petite enfance. Une grande partie de ce programme a déjà été réalisée et le reste, nous le ferons d’ici 2020. Bègles doit rester une ville pour tous, où il fait bon vivre et où chacun trouve sa place ;  «  le village urbain à visage humain  » comme l’ont habilement nuancé les Béglais engagés dans la réflexion sur Bègles 2030. Mais Bègles, c’est aussi une ville dans la Métropole, avec des compétences partagées ou déléguées. D’ici 2020, je m’attacherai particulièrement aux questions liées au quotidien, à la proximité et à l’information claire aux Béglais du « qui fait quoi » entre la Ville et la Métropole.

Par ailleurs, nous pensons qu’il faut répondre aux besoins en logement, qui sont très forts, notamment en permettant aux familles et aux enfants de Béglais de vivre à Bègles. Nous le ferons en respectant l’identité des différents quartiers qui font l’âme de Bègles : échoppes, maisons individuelles et collectifs sociaux. Depuis longtemps, en matière de construction, nous pratiquons la règle des trois tiers : un tiers de logements sociaux, un tiers d’accession sociale à la propriété, un tiers de loyers libres. Nous souhaitons aussi permettre la coexistence de l’habitat avec l’activité économique, construire une ville productive capable d’accueillir et de conserver les activités artisanales et les entreprises. »

Dans une période marquée par un fort désir de renouvellement du personnel politique et des manières de gouverner, comment envisagez-vous votre rôle de maire ?

« Je l’ai dit, je ne suis pas seul. J’ai avec moi une équipe d’élus engagés et une administration compétente qui a fait ses preuves. Mais le rôle d’un maire est aussi celui d’un chef d’orchestre qui donne des orientations, arbitre, régule mais sait écouter, rendre compte et travailler avec les citoyens. Je crois vraiment qu’il faut continuer à associer la société civile, les habitants, à la réflexion et aux décisions politiques : le travail de l’Assemblée Citoyenne Béglaise va dans ce sens.

Le temps politique est un temps long et je m’inscris dans la durée pour que notre ville garde son identité, sa singularité de  village urbain. »

 

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